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Jui

L'emploi salarié a bondi au premier trimestre

L'économie française a créé 93.800 emplois en net au dernier trimestre - 92.800 dans le privé et 1.000 dans la fonction publique - soit le total le plus élevé depuis le quatrième trimestre 2017, contre 69.800 un trimestre plus tôt.

Le marché du travail se porte relativement bien. Selon les derniers résultats de l'Insee publiés ce mercredi, les créations d'emplois ont augmenté de 93.800 au premier trimestre, soit une hausse de 0,4% après 0,3% au dernier trimestre 2018. L'emploi salarié a particulièrement bondi dans le secteur privé (92.800 après 67.900). Dans le public, les créations ont été bien plus modérées (1.000 après 2.000). 

En dépit d'une croissance révisée à la baisse et d'un climat social tendu alimenté notamment par la crise des "Gilets jaunes", les économistes de l'Insee ont révisé fortement à la hausse leurs premières projections. « Comparativement à l'estimation flash parue le 10 mai 2019, la variation de l'emploi salarié sur le seul champ privé au premier trimestre 2019 est revue à la hausse de 26.400, en particulier dans les services marchands hors intérim et dans la construction », précise l'organisme de statistiques public.

Boom dans la construction

Entre janvier et mars, l'emploi salarié dans les services marchands a progressé de 0,6% avec 68.200 créations nettes de postes. Sur ce total, l'intérim, qui restait sur quatre trimestres de contraction, a légèrement rebondi avec 7.700 créations nettes de postes. Dans les services non-marchands, la progression est quasi-nulle avec seulement 800 emplois contre 5.600 le trimestre précédent. « Sur un an, l'emploi dans les services principalement non marchands diminue de 5.100, dont − 9.300 dans le public » ajoute l'Insee.

En parallèle, le nombre de postes a progressé de 0,2% dans l'industrie avec 7.500 créations contre 8.800 créations au dernier trimestre. Sur un an, l'emploi dans la production industrielle a augmenté de 18.800. Dans la construction, les services de l'Insee ont enregistré la hausse la plus spectaculaire (1,2% sur un trimestre et 2,7% sur un an) avec 16.100 créations contre 10.000 entre octobre et décembre.

Coup de frein sur les salaires au premier trimestre

Dans le même temps, l'Acoss, qui représente la caisse nationale du réseau des URSAFF, a indiqué, dans un communiqué publié ce mercredi 12 juin, que le salaire moyen par tête a reculé de 0,3% au premier trimestre 2019, après une hausse de 0,6% au trimestre précédent. Sur un an, il augmente tout de même de 1,4%.

Selon l'organisation, « cette diminution s'explique pour partie par des versements exceptionnels de salaires constatés fin 2018, dont certains étaient habituellement effectués en début d'année. Néanmoins, la prise en compte de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat instaurée fin 2018 dans le cadre des mesures d'urgence économiques et sociales, porte l'évolution du salaire moyen par tête à +1,0 % au premier trimestre (après +0,7 %) et +2,7 % sur un an. »

Baisse du chômage

Ces créations d'emplois devraient favoriser une baisse du chômage. Selon les dernières prévisions macroéconomiques de la banque de France publiées ce mercredi 12 juin, le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT) devrait passer de 9,1% en 2018 à 8,6% en 2019.

Pour les années 2020 et 2021, l'organisme bancaire anticipe encore une diminution (8,3% et 8,1%), mais cette projection est soumise à de nombreux aléas sur la croissance. La banque centrale a ainsi révisé à la baisse ses prévisions de progression du PIB de 0,1 point à 1,3% contre 1,4% pour cette année. Pour les économistes de la banque de France, cette dynamique de l'emploi et des salaires viendraient soutenir la hausse du pouvoir d'achat.

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